Peter Aerschmann

Marionetten

Peter Aerschmann
Peter Aerschmann
Peter Aerschmann
Peter Aerschmann
Balance
Stills from HD video, 10 min loop, no sound
15 x 25 x 8
2025
Golem
Stills from HD video, 6 min loop, no sound
15 x 25 x 8
2025
Marionetten 1
Stills from HD video, 12 min loop, no sound
15 x 25 x 8
2025
Signals
Stills from HD video, 7 min loop, no sound
15 x 25 x 8
2025

With Marionnetten, his most recent work, Peter Aerschmann pushes this logic to its sharpest breaking point. Inside digital enclosures -luminous boxes functioning as small autonomous theatres - disjointed figures struggle: hand-sewn in dark velvet, their heads and hands crafted in silk and stuffed with kapok, or paper silhouettes swaying in the void. Human-scale schematic bodies, they are trapped within a looping video animation, condemned to repeat endlessly their fragmented gestures, their incomplete falls, their aborted attempts at movement.

Everything is made by hand. From the conception of the physical object to the video programming, from the stitching of these textile bodies to the software architecture that animates them, Aerschmann has delegated no part of the process. This is his most radical aesthetic and political stance: at a time when artificial intelligence generates images by the billion, at a pace no human mind can rival, he chooses slowness, matter, the hand. He plays with binary code - that 0 and 1 which form the foundation of algorithmic language - not by submitting to it, but by subverting it with the irony of a craftsman who knows the machine's inner workings and refuses to become its servant.

Aerschmann's puppets do not move freely. They are pulled by strings one cannot see, forces that precede them, that surpass them, from which they cannot escape. In a world where authoritarian figures dictate their laws with ever more brutal certainty, where algorithms shape opinion before thought has even formed, these small creatures of velvet and pixel ask a vertiginous question: who, exactly, holds the strings? And the answer, forever suspended, may be the most disturbing of all, no one, and everyone at once.

Avec « Marionnetten », son œuvre la plus récente, Peter Aerschmann pousse cette logique jusqu'à son point de rupture le plus aigu. Dans des boîtiers numériques, des boxes lumineux qui fonctionnent comme de petits théâtres autonomes, se débattent des figures désarticulées, cousues main dans un velours sombre, la tête et les mains façonnées en soie et garnies de kapok, ou encore des silhouettes de papier oscillant dans le vide. Corps schématisés à taille humaine, ils sont pris au piège d'une animation vidéo en boucle, condamnés à répéter indéfiniment leurs gestes fragmentés, leurs chutes incomplètes, leurs tentatives avortées de mouvement.

Tout est fait à la main. De la conception de l'objet physique à la programmation vidéo, de la couture de ces corps textiles à l'architecture logicielle qui les anime, Aerschmann n'a délégué aucune part du processus. C'est là sa position esthétique et politique la plus radicale : à l'heure où l'intelligence artificielle génère des images par milliards, à une cadence que nul esprit humain ne peut rivaliser, il choisit la lenteur, la matière, la main. Il joue de la binarité - ce 0 et ce 1 qui sont le fondement du langage algorithmique - non pas en la subissant, mais en la détournant avec l'ironie d'un artisan qui connaît les rouages de la machine et refuse d'en être le serviteur.

Les marionnettes d'Aerschmann ne bougent pas librement. Elles sont tirées par des ficelles que l'on ne voit pas, des forces qui leur préexistent, qui les dépassent et auxquelles elles ne peuvent se soustraire. Dans un monde où les figures autoritaires dictent leurs lois avec une assurance de plus en plus brutale, où les algorithmes façonnent l'opinion avant même que la pensée ne se forme, ces petites créatures de velours et de pixel posent une question vertigineuse : qui, exactement, tient les fils ? Et la réponse, toujours suspendue, est peut-être la plus inquiétante qui soit, personne, et tout le monde à la fois.

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